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Lancement du programme de bourses de début de carrière de l’OWSD

May 30, 2018

Lors du Gender Summit Montréal, la présidente de l’OWSD Jennifer Thomson et le président du CRDI, Jean Lebel, ont annoncé le lancement de 60 nouvelles bourses de début de carrière de l'OWSD.

Jennifer Thomson et Jean Lebel ont annoncé aujourd’hui un nouveau partenariat entre l’OWSD et le Centre canadien de recherches pour le développement international (CRDI). Le CRDI investira 7,5 millions de dollars canadiens d’ici 4 à 5 ans visant à octroyer 60 bourses de début de carrière pour les femmes scientifiques. Ces bourses sont destinées à aider des femmes qui ont obtenu leur doctorat en sciences et qui sont employées dans des instituts académiques dans leur pays d’origine, faisant partie d’une liste de 66 pays en développement. Ces femmes s’engagent à poursuivre leur recherche, au service de leur communauté, mais elles sont souvent démotivées par le manque de ressources et de formation, ainsi que par l’impression décourageante d’être isolées. Et c’est justement à ce moment-là, après avoir investi (elles-mêmes, ainsi que les bailleurs de fonds) tellement de temps, d’énergie et d’argent dans leur carrière, que les femmes risquent d’y renoncer, et de dire qu’en fin de compte, la recherche n’est pas faite pour elles. Et c’est là que l’OWSD et le CRDI interviennent.

Les bourses ECWS ont été annoncées au cours du 11ème Gender Summit qui s’est déroulé à Montréal, du 6 au 8 novembre.

La présidente de l’OWSD, Jennifer Thomson, a souligné les opportunités offertes par les programmes de l’OWSD pour les femmes scientifiques originaires des pays en développement, lors du panel « les Objectifs du Millénaire de l’ONU en pratique : le rôle des femmes et du genre dans les Sciences » ; à cette occasion, Jean Lebel, président du CRDI et modérateur du panel, a décrit la situation globale des femmes dans le monde scientifique. On compte plus de femmes que d’hommes diplômés dans le premier cycle d’enseignement supérieur (52%), tandis que le taux de femmes ayant obtenu un doctorat diminue à 43%, et pour les études postdoctorales, le taux de femmes qui poursuivent leur recherche chute à 28%. Selon Karen Craggs-Milne (co-intervenante et directrice de l’Institut africain des Sciences Mathématiques), ces statistiques sont trompeuses car le terme « chercheurs » comprend toutes les disciplines, alors que nous savons bien que de nombreuses femmes tendent à choisir les domaines de l’art et des sciences humaines, tandis que dans le domaine des sciences, les femmes sont encore trop souvent sous-représentées en mathématiques et en physique, et sur-représentées dans les sciences de la vie.  Dans l’ensemble, le continent africain compte en moyenne 30% de femmes chercheuses, mais cela varie évidemment énormément d’un pays à l’autre. Par exemple, le taux de femmes chercheuses atteint seulement 10% au Togo, 25% au Sénégal, tandis que l’on atteint quasiment l’équité à Maurice avec 42% de femmes chercheuses.

Chaque intervenant dirige des organismes qui s’engagent à rééquilibrer le nombre et la qualité des femmes scientifiques, intimement convaincus que la présence de davantage de femmes scientifiques, et que tenir compte des différences de genre lorsqu’on conçoit et que l’on met en œuvre des solutions, équivaut à améliorer la science et l’économie. Par exemple, Craggs-Mine affirme qu’en moyenne, une femme africaine passe 16 heures par jour pour aller chercher de l’eau. On a besoin de 2,5 millions d’ingénieurs pour résoudre ce problème ; il faut donc que les femmes en fassent partie en très grand nombre. 80% de la production alimentaire en Afrique est garantie par les femmes qui ont généralement des problèmes d’accès à la terre, au crédit financier et à la technologie. Si les interventions et les innovations scientifiques et technologiques sont réalisées par les femmes, et en tenant compte des femmes, il y aura plus de chances que les solutions soient appropriées, et ce qui est plus important, mises en œuvre de façon efficace.

Par conséquent, les nouvelles bourses ECWS sont une solution gagnant-gagnant : pour des femmes leaders, exceptionnelles et engagées, qui veulent poursuivre leur projet de recherche scientifique et être compétitives au niveau international, tout en soutenant l’économie et la communauté de leur pays d’origine.

Cliquer ici pour en savoir plus sur le programme de bourses de début de carrière pour les femmes scientifiques.

[N.B. Depuis la publication de cet article, les listes des pays et des coûts admissibles ont été mises à jour, et l’appel à candidatures a été publié. Pour tout renseignement plus actuel, veuillez consulter le lien ci-dessus.]

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